Le gouvernement provincial de l’état de siège en Ituri est appelé à dialoguer avec la rébellion de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), au même titre que les autres milices. Selon l’honorable Floribert Byharuhanga, cette démarche permettrait la reprise des activités scolaires, économiques et sociales dans la région de Bule. Le député provincial élu du territoire de Djugu a lancé cet appel ce lundi 16 février 2026 à la presse. Cette interpellation fait suite aux souffrances que subit la population innocente, surtout dans la région de Bule où les affrontements sont devenus très fréquents entre les deux belligérants (CRP et FARDC). L’élu du peuple se dit très préoccupé par les violations graves des droits de l’homme signalées dans certains coins du territoire de Djugu. Il cite notamment les régions de Mabanga, Berunda ainsi que Bule, où l’on constate des cas de viols, des assassinats, des intimidations qui ne disent pas leur nom, des arrestations extrajudiciaires, des pillages des biens des populations ainsi que la récente profanation de la paroisse catholique de Bule. Selon lui, tous ceux qui devraient dénoncer ces bavures, entre autres la société civile locale, les chefs coutumiers et les leaders communautaires, sont réduits au silence par des intimidations. « … parce qu’une fois vous osez dénoncer, critiquer ou donner des informations fiables du terrain, automatiquement on vous assimile aux groupes armés. C’est le même traitement que nous subissons nous aussi, quelques députés qui dénonçons, nous sommes assimilés aussi aux groupes armés. Qu’à cela ne tienne, nous ne pouvons pas garder un long silence qui peut être considéré comme coupable face à ce que subit la population locale », a-t-il souligné. Face à cette situation, l’Honorable Floribert Byharuhanga formule plusieurs recommandations : aux différentes organisations locales, nationales et internationales des droits de l’homme de descendre dans les régions précitées afin d’enquêter sur les différentes infractions commises par les belligérants ; aux belligérants de déposer les armes afin d’ouvrir un couloir humanitaire à la population autour de laquelle le ton est en train de se resserrer. Cela permettra que les écoles, les églises, les marchés ainsi que les structures sanitaires rouvrent leurs portes et que la population ait accès à ses champs ; au gouvernement congolais d’organiser un dialogue avec la rébellion de la CRP pour un cessez-le-feu qui profitera à la population civile, car la guerre a des effets collatéraux. « Si l’on a négocié avec la milice CODECO, d’ailleurs la plus meurtrière de l’Ituri, le FPIC « chini ya kilima », MAPI, autodéfense Zaïre et autres, pourquoi pas négocier avec la CRP pour une résolution pacifique des conflits ? », se demande ce député provincial. Enfin, il souhaite que l’armée loyaliste se rapproche davantage de la population locale, estimant que si elle continue à assimiler toute la population aux groupes armés, la relation civilo-militaire risque de demeurer durablement fragilisée. Il appelle par ailleurs la population à faire confiance aux FARDC, qu’il présente comme la seule armée républicaine. Rédaction Partager

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