Après le massacre d’au moins une trentaine de civils, selon certaines sources locales, dans le groupement Dhendro, en chefferie de Bahema Nord, en territoire de Djugu, attribué aux miliciens de la CODECO, l’ancien ministre provincial de l’Ituri, Ucircan Bule, a adressé une lettre ouverte au gouverneur militaire de la province. Dans ce document rédigé le jeudi 12 mars 2026, il appelle les autorités à agir avec fermeté face aux groupes armés, tout en soulevant des préoccupations liées à certaines ambiguïtés sécuritaires et au processus de recrutement au sein de la RAD. Concernant la présence persistante des groupes armés dans la province, l’ancien membre de l’exécutif provincial exhorte l’autorité provinciale à mener une lutte sans complaisance contre tous les mouvements qui continuent de porter atteinte à la vie humaine. «[…]et vous adresse la présente lettre ouverte afin de réitérer mon exhortation à agir avec détermination contre tous les groupes armés qui persistent à mépriser la vie humaine et à défier l’autorité de l’État, car il n’y en a pas de bons d’un côté et de mauvais de l’autre. Il est impératif de les contraindre tous à respecter la vie humaine, un devoir dont aucun État ne saurait se soustraire.», a-t-il noté. Dans cette lettre, Ucircan Bule insiste également sur la nécessité d’éclaircir les soupçons qui circulent au sein de l’opinion publique iturienne concernant une possible collaboration entre certaines forces régulières et des groupes armés. Dans plusieurs zones affectées par l’insécurité, l’armée est parfois accusée de bénéficier de l’appui de certaines milices, une perception qui, selon lui, fragilise l’image de l’État. «Il apparaît aujourd’hui indispensable que des réponses fermes et proportionnées soient apportées afin de mettre fin aux perceptions persistantes au sein de l’opinion publique iturienne, selon lesquelles certaines ambiguïtés pourraient exister dans les interactions entre les forces régulières et certains groupes armés. Il est temps que les FARDC, sous votre commandement, consolident pleinement leur image ainsi que celle de la République en démontrant une rupture claire avec ces derniers.», peut-on lire dans cette lettre ouverte. Un autre point soulevé dans cette correspondance concerne le processus de recrutement au sein de la RAD. L’ancien ministre provincial estime que la démarche actuelle, qui semble s’appuyer sur certains groupes armés pourtant accusés d’exactions, risque d’entacher la crédibilité de cette structure. «J’en profite par ailleurs pour inviter le Gouvernement de la République à maintenir l’élan d’appui aux FARDC, d’une part, et d’autre part, à clarifier le processus de recrutement de la RAD, qui semble se focaliser sur ces mêmes groupes armés hautement criminels pour asseoir sa mission en Province de l’Ituri.», a souligné cet ancien membre de l’exécutif provincial de l’Ituri. Pour rappel, au moins une trentaine de civils ont été tués lors d’une attaque attribuée aux miliciens de la CODECO dans le groupement Dhendro, en territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri. Selon des sources locales, parmi les victimes figurent des femmes et des enfants. Deux mamans ont notamment été abattues tandis que leurs bébés ont été laissés vivants après l’attaque. Et jusque-là, la réaction de l’armée sur ces massacres se fait toujours attendre. Rédaction Partager
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