Un éboulement minier d’une rare ampleur a endeuillé la cité de Rubaya, en territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Le drame, survenu le 28 janvier 2026 dans le périmètre minier de Kasasa, a fait au moins 300 morts et une centaine de personnes portées disparues, selon la société civile du Nord-Kivu et des organisations féminines locales. Cette nouvelle tragédie met une fois de plus en lumière les dangers persistants de l’exploitation minière illégale dans une zone sous influence des groupes armés, ravivant le souvenir encore douloureux du drame similaire enregistré en juin 2025.
Le sinistre aurait été provoqué par de fortes érosions du sol, aggravées par des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la région. Des mineurs artisanaux, des commerçants ainsi que des femmes et des enfants ont été ensevelis sous les décombres. Plusieurs victimes ont également été emportées par les crues soudaines des rivières Mumba, Osso et Rushoga, compliquant considérablement les opérations de recherche et de secours dans cette zone difficile d’accès.
Face à l’ampleur de la catastrophe, la société civile de Masisi tire la sonnette d’alarme. Telesphore Mitondeke, président de la coordination territoriale de la société civile, dénonce une exploitation minière menée en dehors de tout cadre légal et sécuritaire.
« L’exploitation dans plusieurs carrés miniers, notamment le périmètre 4731 de Rubaya, se fait sans aucune étude d’impact social et environnemental. Nous demandons l’arrêt immédiat de toute exploitation illégale jusqu’au rétablissement complet du cadre légal. », a-t-il dit.
Au-delà du drame humain et environnemental, Rubaya demeure un site stratégique dans l’économie de guerre à l’Est de la République démocratique du Congo. Selon plusieurs sources, le M23 tirerait d’importants revenus de l’exploitation du coltan, en prélevant des taxes illicites pouvant atteindre jusqu’à un million de dollars américains par mois. Les mineurs y travaillent dans des conditions extrêmement précaires, tandis que les profits issus de cette exploitation alimentent la poursuite du conflit armé.
La société civile exhorte les autorités congolaises ainsi que les organisations internationales à agir de toute urgence pour protéger les populations locales et mettre un terme aux circuits financiers qui soutiennent les groupes armés opérant dans la région.
Sur le plan politique et diplomatique, le gouvernement congolais pointe une fois de plus la responsabilité du Rwanda, accusé de tirer profit de l’exploitation illégale du coltan dans les zones occupées. Kinshasa évoque un volume mensuel estimé entre 112 et 125 tonnes de minerais extraits illicitement. Les autorités dénoncent également les défaillances des mécanismes internationaux de traçabilité des minerais, ainsi que l’achat de ces ressources par certains acteurs économiques malgré les alertes officielles.
Le gouvernement réaffirme sa volonté de rétablir l’autorité de l’État et de mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les zones occupées, alors que Rubaya pleure encore ses morts et que de nombreuses familles restent sans nouvelles de leurs proches portés disparus.
Rédaction
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