Alors que la maladie à virus Ebola continue de progresser à un rythme inquiétant dans l’est de la République démocratique du Congo, la comparaison avec l’Ouganda voisin soulève de nombreuses interrogations sur l’efficacité des stratégies de riposte mises en œuvre de part et d’autre de la frontière.
À Bunia, le ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, a dressé jeudi ce 18 juin 2026 un tableau particulièrement préoccupant de l’évolution de l’épidémie. Trente-trois jours après la déclaration officielle de la maladie, la RDC totalise déjà 896 cas confirmés, 232 décès et 78 guérisons. Plus de 6 000 contacts sont actuellement suivis dans les provinces touchées.
L’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée avec 827 cas confirmés, soit plus de 92 % de l’ensemble des infections enregistrées dans le pays. Ces chiffres témoignent d’une propagation rapide du virus dans une province déjà fragilisée par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux soins.
À quelques kilomètres de là, la situation présente pourtant un tout autre visage. En Ouganda, les autorités sanitaires ont rapporté à la même date seulement 19 cas confirmés, deux décès et dix guérisons. Plus marquant encore, aucun nouveau cas n’y a été enregistré depuis treize jours.
Cette différence spectaculaire entre les deux pays interpelle.
Pour plusieurs observateurs du secteur sanitaire, l’écart ne s’explique pas uniquement par des facteurs biologiques ou géographiques. Il reflète également la capacité des systèmes de santé à détecter rapidement les cas, à isoler les malades et à protéger le personnel soignant.
L’Ouganda a développé des mécanismes de surveillance communautaire et de réponse rapide qui permettent d’intervenir dès les premiers signaux d’alerte. Les équipes de riposte y sont généralement déployées rapidement, tandis que les campagnes de sensibilisation atteignent plus efficacement les populations concernées et a mis tout le sérieux dans la gestion de cette épidémie en isolant les entités concernées, en fermant certaines de ses frontières avec la RDC et en faisant un suivi sérieux des malades.
En RDC, la lutte contre Ebola se heurte à des défis plus complexes notamment la gestion des cas contacts, les mécanismes pour limiter la contamination, la gestion et la prise en charge correcte des personnels soignants et autres.
Des voix s’élèvent d’ailleurs pour dénoncer certaines faiblesses de la riposte. Au début de la semaine, le Conseil provincial de l’Ordre national des infirmiers du Congo a récemment alerté sur des insuffisances dans la protection et la prise en charge du personnel soignant, pourtant en première ligne face à la maladie. D’autres organisations sanitaires évoquent des difficultés logistiques et un besoin accru de coordination entre les différents acteurs engagés dans la lutte contre l’épidémie.
Rédaction
![]()




















