L’Association Cohérente des Pêcheurs de l’Ituri (ACPI) a officiellement saisi le Gouverneur militaire de l’Ituri pour dénoncer la création d’une taxe jugée illégale ainsi que les multiples tracasseries dont sont victimes les pêcheurs sur le lac Albert. Son mémorandum, lu devant la presse le 1er juillet 2026 à Tchomia par son président, Uzele Unyertho Pascal, met également en cause certains militaires de la Force navale et des éléments de la milice FRPI.
Dans ce message, l’ACPI commence par dénoncer l’instauration d’une taxe dont le montant était initialement fixé à 350 dollars américains avant d’être ramenée à 200 dollars, à payer toutes les deux semaines. L’association explique le contexte dans lequel cette mesure aurait été décidée.
« Il nous a été dit qu’une réunion du Comité provincial de sécurité, tenue le 22 juin à Bunia par l’autorité provinciale en présence du chef de la chefferie des Bahema Banywagi et de celui du secteur des Bahema Sud, avait décidé de créer une taxe à imposer aux pêcheurs. »
Pour l’ACPI, cette taxe porte atteinte à l’honneur de la haute autorité provinciale, dans la mesure où elle ne repose sur aucun fondement juridique. L’association la qualifie d’illégale et estime qu’elle constitue une souffrance supplémentaire pour les pêcheurs. Elle affirme qu’à la suite de cette décision, toutes les pirogues ont été immobilisées en attendant que la situation soit clarifiée.
Dans la deuxième partie de son mémorandum, l’ACPI dénonce les nombreuses tracasseries que subissent les pêcheurs de la part des forces navales et de certains éléments de la milice FRPI.
« Les tracasseries consistent aux pillages, à l’extorsion de nos poissons, à la torture de nos membres, aux coups et blessures, à la saisie de nos filets, à l’imposition de rançons et à d’autres formes de paiement. »
Face à cette situation, l’Association Cohérente des Pêcheurs de l’Ituri formule plusieurs recommandations et dit compter sur une réponse favorable du nouveau Gouverneur militaire. Elle demande notamment l’annulation de la taxe de 200 dollars qu’elle juge illégale, la fin des tracasseries et des menaces attribuées aux forces navales et à certains éléments de la FRPI, le respect de la période de fermeture du lac Albert conformément à la réglementation en vigueur, l’organisation d’une table ronde réunissant les autorités étatiques, les administrations du secteur de la pêche, la Force navale, les FARDC, les services de l’environnement et de surveillance, les chefs des entités riveraines ainsi que les associations de pêcheurs, et enfin la révision de l’applicabilité de l’arrêté portant création de l’unité de surveillance.
Rédaction
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