À peine investi à la tête de l’Ituri, le gouverneur militaire, le Général-Major Kasongo Mulumba, est attendu sur plusieurs dossiers jugés prioritaires par la population. Parmi eux figurent le rétablissement durable de la sécurité et la suppression des barrières routières militaires illégales qui continuent de peser sur le quotidien des habitants.
C’est l’appel lancé ce mardi 16 juin 2026 par l’honorable Victorien Lobo, conseiller communal élu de la commune de Shari, dans la ville de Bunia. Selon cet élu local, le nouveau chef de l’exécutif provincial doit œuvrer à la concrétisation des objectifs ayant motivé l’instauration de l’état de siège.
Pour lui, malgré une relative accalmie observée dans certaines zones, la menace sécuritaire demeure réelle. « Tant que les groupes armés conserveront leurs armes, la situation pourra dégénérer à tout moment », avertit-il.
Dressant un bilan critique des cinq années écoulées sous l’état de siège, il estime que les efforts ont davantage été orientés vers la sensibilisation que vers le désarmement effectif des groupes armés.
« Aucun groupe armé n’a été neutralisé en cinq ans d’état de siège ; au contraire, leur nombre n’a fait qu’augmenter. L’accalmie actuelle n’est que passagère », prévient-il.
Au-delà de la question sécuritaire, l’honorable Victorien Lobo appelle également le nouveau gouverneur à mettre fin au phénomène des barrières routières militaires illégales, qu’il accuse d’alimenter un système de rançonnement des civils par certains éléments des FARDC.
L’élu cite notamment plusieurs postes érigés dans la commune de Shari, entre les quartiers Bembey et Ngoy, au sous-quartier Uba près de la rivière Ngezi, ainsi qu’aux différentes entrées et sorties de la ville de Bunia. Selon lui, ces barrières affectent lourdement les activités économiques en imposant des paiements illégaux aux usagers des routes, aux commerçantes et aux transporteurs.
À titre d’exemple, il affirme que les véhicules en partance pour la commune rurale de Mungwalu, dans la zone minière, sont contraints de verser jusqu’à 100 000 francs congolais à différents postes de contrôle. Sur l’axe Bunia-Mahagi, les transporteurs débourseraient au moins 80 000 francs congolais en taxes illégales.
Face à ce qu’il qualifie d’asphyxie économique dans une province déjà éprouvée par des années de conflit, Victorien Lobo invite le nouveau gouverneur à agir rapidement afin de restaurer l’autorité de l’État, garantir la libre circulation des personnes et des biens, et redonner à la population la sécurité et la quiétude auxquelles elle aspire.
Germain Maki
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