La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola demeure préoccupante en Ituri. Lors du briefing tenu ce vendredi 19 juin 2026 au gouvernorat provincial, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, a présenté les statistiques actualisées de l’évolution de l’épidémie. Selon les chiffres communiqués, la province comptait, au 19 juin, un total de 933 cas confirmés. Parmi eux, 245 personnes ont perdu la vie, tandis que 80 autres ont été déclarées guéries après leur prise en charge. Le ministre a également indiqué que 416 patients sont actuellement hospitalisés dans les différentes structures de traitement mises en place dans le cadre de la riposte. Ces statistiques révèlent un taux de létalité de 23 %, témoignant de la gravité de cette épidémie qui continue de mettre à rude épreuve le système sanitaire provincial. Rédaction Partager
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la drépanocytose célébrée le 19 juin de chaque année, le docteur Lobho Ngaba Moïse, médecin à Samaritan Doctors, appelle les futurs parents à recourir aux examens prénuptiaux afin de réduire le risque de naissance d’enfants atteints de cette maladie héréditaire. La drépanocytose est une maladie génétique causée par une anomalie de l’hémoglobine appelée hémoglobine S. Cette anomalie modifie la forme normale des globules rouges, qui prennent alors l’aspect d’une faucille, d’où le nom de « drépanocytes ». Interrogé par la Radio Candip, le Dr Lobho Ngaba explique que la maladie peut se manifester dès l’âge de six mois, à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Selon lui, elle entraîne de graves conséquences sur la santé et expose les malades à des anémies répétitives, des crises douloureuses fréquentes ainsi qu’à des infections récurrentes. Face à cette réalité, le médecin insiste sur l’importance du dépistage avant le mariage ou avant la conception d’un enfant. Il encourage également les personnes vivant avec la drépanocytose, ainsi que les parents d’enfants drépanocytaires, à consulter des professionnels de santé qualifiés pour une prise en charge adaptée. « Le vrai traitement reste un traitement préventif qui passe par le dépistage des futurs mariés ou des futurs parents. Si vous voulez des enfants, le préalable, c’est de faire les examens prénuptiaux. Dans les examens prénuptiaux, il y a l’électrophorèse de l’hémoglobine qui va vous montrer si vous avez l’hémoglobine A/A et la partenaire A/A ; là, vous pouvez faire des enfants comme bon vous semble. Vous n’avez pas le risque de faire des enfants SS parce que, dans le cas d’espèce, les enfants qui sont drépanocytaires sont des enfants d’hémoglobine S. Ce sont ces enfants qui vont faire des crises et seront sujets à des maladies », a conseillé le docteur Lobho Ngaba.» Selon les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) publiées en 2025, près de 80 % des personnes atteintes de drépanocytose dans le monde vivent en Afrique. En République démocratique du Congo, plus d’un million de personnes seraient concernées par cette maladie. Rédaction Partager
Alors que la maladie à virus Ebola continue de progresser à un rythme inquiétant dans l’est de la République démocratique du Congo, la comparaison avec l’Ouganda voisin soulève de nombreuses interrogations sur l’efficacité des stratégies de riposte mises en œuvre de part et d’autre de la frontière. À Bunia, le ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, a dressé jeudi ce 18 juin 2026 un tableau particulièrement préoccupant de l’évolution de l’épidémie. Trente-trois jours après la déclaration officielle de la maladie, la RDC totalise déjà 896 cas confirmés, 232 décès et 78 guérisons. Plus de 6 000 contacts sont actuellement suivis dans les provinces touchées. L’Ituri demeure l’épicentre de cette flambée avec 827 cas confirmés, soit plus de 92 % de l’ensemble des infections enregistrées dans le pays. Ces chiffres témoignent d’une propagation rapide du virus dans une province déjà fragilisée par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux soins. À quelques kilomètres de là, la situation présente pourtant un tout autre visage. En Ouganda, les autorités sanitaires ont rapporté à la même date seulement 19 cas confirmés, deux décès et dix guérisons. Plus marquant encore, aucun nouveau cas n’y a été enregistré depuis treize jours. Cette différence spectaculaire entre les deux pays interpelle.Pour plusieurs observateurs du secteur sanitaire, l’écart ne s’explique pas uniquement par des facteurs biologiques ou géographiques. Il reflète également la capacité des systèmes de santé à détecter rapidement les cas, à isoler les malades et à protéger le personnel soignant. L’Ouganda a développé des mécanismes de surveillance communautaire et de réponse rapide qui permettent d’intervenir dès les premiers signaux d’alerte. Les équipes de riposte y sont généralement déployées rapidement, tandis que les campagnes de sensibilisation atteignent plus efficacement les populations concernées et a mis tout le sérieux dans la gestion de cette épidémie en isolant les entités concernées, en fermant certaines de ses frontières avec la RDC et en faisant un suivi sérieux des malades. En RDC, la lutte contre Ebola se heurte à des défis plus complexes notamment la gestion des cas contacts, les mécanismes pour limiter la contamination, la gestion et la prise en charge correcte des personnels soignants et autres. Des voix s’élèvent d’ailleurs pour dénoncer certaines faiblesses de la riposte. Au début de la semaine, le Conseil provincial de l’Ordre national des infirmiers du Congo a récemment alerté sur des insuffisances dans la protection et la prise en charge du personnel soignant, pourtant en première ligne face à la maladie. D’autres organisations sanitaires évoquent des difficultés logistiques et un besoin accru de coordination entre les différents acteurs engagés dans la lutte contre l’épidémie. Rédaction Partager